Le West Data Festival

En 2019, l’intelligence artificielle fait partie de tous les débats. La question du bien ou du mal de cet outil taraude les esprits : l’IA sera-t-elle un atout ou un risque dans le futur ? Apportera-t-elle un renouveau à l’humain ? A ces questionnements s’ajoute un risque de fracture dans l’accès au numérique : parler d’IA à des individus qui ne savent pas remplir leur questionnaire d’impôt en ligne est paradoxal. Les entreprises ont donc des réflexions à mener lors de leurs transitions digitales.

 

Le West Data Festival organisé par Laval Technopole s’est interrogé, à travers plusieurs conférences, sur ces différentes problématiques pour essayer de dépasser les visions traditionnelles de l’IA. 

L’IA est un sujet à la mode, mais est-ce que ça marche vraiment ?

Pierre Girardeau : ca dépend pour quoi faire. Il faut savoir faire la part des choses. En effet, ce sont des techniques très à la mode, mais qui existent depuis longtemps. Jean-Baptiste Juin : les algorithmes d’aujourd’hui vont plus loin. L’open data avec, par exemple, l’INSEE et l’INPI, renforce les puissances de calcul. Pour des scientifiques tels que nous, les termes d’IA et de marketing pour illustrer ce principe nous paraissent illusoire. Une certaine magie est née autour de ces sujets mais finalement l’IA n’existe pas, c’est purement et simplement des algorithmes. De ce fait, oui, ces actions fonctionnent vraiment. Sont-elles toutes de l’IA, pas forcément.

Vous dites que l’IA n’existe pas, mais alors qu’est ce que les gens qui en parlent cachent derrière cette notion? 

Jean-Baptiste Juin : c’est une question très philosophique car pour y répondre il faut d’ores et déjà savoir définir ce qu’est une intelligence! 

Pierre Girardeau : Pour définir l’IA, on doit se référer au test de Turing. Créé par Alan Turing en 1950, ce test met en confrontation l’humain et le robot. Un examinateur humain doit analyser une conversation textuelle et deviner qui est le robot. Si celui-ci n’y arrive pas ou se trompe, la machine est considérée comme étant une intelligence artificielle. Eliza et Parry sont les deux premiers programmes capables de passer ce test. 

Jean-Baptiste Juin : pour mieux comprendre l’IA, rien de tel que l’exemple récent du robot Google qui a réussi à prendre un rendez-vous téléphonique chez le coiffeur sans aucune difficulté. Le coiffeur à l’autre bout du fil n’a pas vu la différence avec ses clients humains. Mais tout cela reste à nuancer dans la mesure où avec l’IA on ne peut pas avoir une vraie conversation directe. En effet, l’IA fonctionne via des algorithmes décisionnels qui eux fonctionnent à l’aide d’une base de données d’actions préexistantes. Si on sort de cette base, l’IA n’est donc pas en mesure de continuer à prendre des décisions. J’irais même plus loin en disant qu’il y a des limites de cette intelligence. En effet malheureusement, elle ne peut pas cuisiner à notre place, du moins, pour le moment… 

Comment mieux accéder aux connaissances grâce à l’IA ?

Lors d’une autre conférence animée par Géraldine Damnati (Orange Labs) nous avons pu percevoir que ces outils étaient également utilisés à des fins éducatives. Orange rappelle qu’il est le premier opérateur européen pour les dépôts de brevet : 220 brevets déposés en 2018 dans 9 domaines de recherche (vie personnelle numérique, données et connaissances, entreprise numérique, pays émergents numériques, société numérique, confiance et sécurité, internet des objets, connectivité ambiante et infrastructure logicielle). 

 

Le constat qui a été fait est que le domaine de la connaissance augmente. Notamment grâce aux MOOC, aux réunions enregistrées, aux TED… La volonté et l’action de Géraldine Damnati est de valoriser ces contenus car on perd entre 20 et 40% de notre temps à les chercher. C’est via ce constat que le projet Sema4KM à vu le jour. Sema4KM est une base documentaire des contenus d’entreprises. A l’aide de l’IA les données y sont récoltées, traitées puis triées. Malgré une interface un peu austère, leur projet semble prometteur.

Bien exploiter ses données avec l’IA 

Lionel Jouffe (Bayesia SAS) a lui choisi de nous parler de méthodologies alternatives aux fameux réseaux de neurones : les réseaux bayésiens. Ces réseaux sont, en statistique, des modèles graphiques probabilistes représentant les passages d’un état du monde à un autre sous la forme d’un simple graphe. Ils aident actuellement à la prise de décision des clients dans tous les secteurs d’activités. Par exemple, Bayesia compte parmi ses clients : Unilever, la SNCF, Microsoft, L’Oréal, la Société Générale, la NASA… A l’inverse des réseaux de neurones qui sont souvent décriés pour leur caractère “boite noire”, les réseaux bayésiens ont l’avantage d’exposer de manière simple et claire les raisons pour lesquelles l’algorithme choisira telle ou telle option.

 

Pour clôturer cette journée, Cross Data a eu le plaisir d’animer un atelier participatif autour de l’efficacité commerciale. Pierre Girardeau a proposé au public de traiter ensemble la thématique suivante : “Comment rapidement donner du sens et exploiter ses données clients ?”. L’atelier s’est déroulé comme une session de travail, puisque Pierre a demandé à chacun les données dont ils disposaient, ce qu’ils en faisaient et ce qu’ils aimeraient en faire pour améliorer leur entreprise. Ainsi, à travers des échanges avec la salle et des réponses concrètes à leurs problématiques, Pierre a pu donner quelques filons d’une prospection réussie basée sur les données et les méthodes IA. 

 

Si le sujet attise votre curiosité, n’hésitez pas à nous contacter afin d’échanger sur le sujet ainsi que sur vos problématiques. 

Envie d’en savoir plus ?

Basé à Angers, Cross Data est un spécialiste de l’intelligence artificielle pour l’efficacité commerciale. L’objectif de Cross Data est d’aider les entreprises à atteindre les prospects les plus rentables pour son équipe. 

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